Portes ouvertes sur l’écohabitat en Bretagne

22 & 23 octobre 2022

C’est un salon de l’écohabitat éclaté sous forme de projets à visiter, pour permettre à chacun de découvrir, in situ et en vraie grandeur, les qualités des matériaux écologiques mis en œuvre, les techniques constructives et les ambiances propres à la construction écologique.

C’est aussi l’occasion de rencontrer les personnes – maîtres d’œuvre, maîtres d’ouvrage et professionnels du bâtiment – qui les ont choisies.

Les chantiers sont proposés par les adhérents professionnels de l’association APPROCHE-écohabitat ainsi que par des entreprises qui partagent les mêmes valeurs.

Éditorial

11ème édition des Portes ouvertes sur l’écohabitat

Soient 30 occasions de pouvoir partager les expériences de chacun·e lors de visites d’habitations rénovées ou construites avec conscience, vécues comme sources d’apprentissage tant sur les plans techniques que humains, dans le plaisir d’œuvrer et de voir œuvrer.
Aventure à part entière dont l’économie est actuellement secouée, l’Habitat s’annonce dans un futur proche sous les signes de la sobriété et de l’entraide ; valeurs jamais autant manifestées dans le domaine lors des décennies passées.

C’est un vrai virage, avec son gradient propre, comme il en eut d’autres antérieurement.
En effet, sous la flambée du cours des prix des matériaux avec parfois leurs difficultés d’approvisionnement, la remise en question de leur provenance et de leur degré de transformation est inéluctable. En parallèle, le coût de l’énergie suivant une trajectoire similaire, la recherche d’une enveloppe performante des bâtis est devenue incontournable pour réduire le montant des factures et répondre aux exigences des bureaux d’études.

De paire, on trouve dans les systèmes de chauffage et de ventilation un recours aux technologies de pointe souvent difficiles à apprivoiser par l’Usager·e ; qui se retrouve dans l’exploitation d’une ‘’maison-usine’’. Cette dynamique, bien que soutenue par un argumentaire dit ‘’vert’’, tend néanmoins vers une consommation employant des mesures compensatoires comme solutions sur fond de déresponsabilisation ; ce qui contraste malheureusement avec l’idée que l’humain·e doit ‘’habiter en poète’’ comme l’écrivait Friedrich Hölderlin.
En conséquence et en contre-pied, partant souvent d’une quête à l’économie mais aussi dans une démarche d’autonomisation, l’Usager·e s’engage désormais bien souvent sur les chemins du faire soi-même par l’auto-construction ou l’auto-rénovation.

D’autre part, pour s’éloigner des grands moyens et de leur gaspillage associé, la basse technologie et le réemploi sont elles aussi des pistes de plus en plus explorées pour approcher des modes de vie plus soutenables. Thèmes encore aujourd’hui très délicats quant aux questions d’assurabilité des ouvrages et des accompagnant·es dans la mise en œuvre, le développement des diverses filières devraient accorder prochainement les cadres juridiques et techniques participant au changement de la culture normative.

Depuis la quinzaine d’années passées, l’enchaînement des réglementations thermiques a conféré au secteur de la construction une forme ‘’geek’’ à la poursuite de performances informatisées tenant compte d’une multitude de paramètres en partie mis en avant par les lobbys de l’industrie pétrochimique.

Sur la même ligne, on pourrait parler du BIM (modélisation des données du bâtiment) qui participe à une certaine déshumanisation du ‘’faire ensemble’’ avec la potentielle destruction de ce que nommait Hundertwasser : la Trinité ‘’architecte / artisan·e / occupant·e’’.

Ces réglementations devenues toutes récemment énergétiques et environnementales, les matériaux biosourcés ont acquis davantage de crédibilité notamment par l’inclusion de calculs portant sur l’analyse du cycle de vie. Pour ne citer qu’un exemple : la Paille. En effet, les fruits de l’association des nombreux·ses professionnel·les défendant les caractéristiques d’un matériau initialement caractérisé comme sous-produit agricole, ont porté depuis une dizaine d’années vers un engouement croissant pour la fameuse botte, vénérant ses qualités techniques, environnementales et sociales. Et pour aller plus loin, le champ des possibles qu’offrent les matériaux biosourcés ne cesse de croître, puisque pour rester sur l’exemple de la paille, on commence à la trouver en application sous forme insufflée.

D’autre part et à l’instar du vernaculaire, la réhabilitation – qui pour certain·es souffre du cliché de la ‘’ruine effrayante’’ – se révèle parfois comme une alternative plus tangible pour l’autoconstructeur·rice du fait d’une quasi-absence de normes restrictives sans presque aucun objectif de performance visé.

À savoir, le parc immobilier breton étant composé de près d’un quart de passoires thermiques (23% de classes énergétiques F et G), celles-ci seront rénovées pour continuer à être autorisées à la location (étiquettes G interdites à la location à partir de 2025 et 2028 pour les étiquettes F).

Une vraie bombe pour l’immobilier et une vraie mine d’activité pour l’écoconstruction certes, mais aussi un vrai défi en ce qui concerne le montage des dossiers des demandes de subvention souvent lourd administrativement et donc potentiellement dissuasif… Peut-être une raison de plus pour se former et faire ensemble, ralentir et progresser.

En conséquence, afin d’offrir à tous·tes un habitat sain et confortable, peut-être faut-il redéfinir les rôles élémentaires de la Trinité sus-citée ? L’architecte comme passeur·se de connaissances conceptuelles ? L’artisan·e comme passeur·se de savoirs-faire autour de sa pratique ? L’occupant·e comme passeur·se de savoir-être dans un lieu ?

Ces rencontres seront une chance d’incarner un peu de matière à penser pour grandir nos perceptions, en empruntant bien souvent des alternatives saines et heureuses pour anticiper l’avenir.

Et bien qu’il soit difficile de prédire ce dernier, il semble plus accessible de se (re)situer dans l’époque et de savoir ce que l’on souhaite vraiment car : « on ne sait jamais ce qu’il se passe, on sait simplement ce qu’on veut qu’il se passe et c’est comme ça que les choses arrivent » (extrait de La Naissance de l’Amour, de Philippe Garrel).

En vous souhaitant de la Belle Matière et la Liberté d’en Œuvrer.

Jérôme Gruwé Atelier Neizh – co-président

Vous êtes un.e professionnel.le de l’écohabitat ?

Participez à l’événement en proposant une visite (chantier en cours ou terminé – rénovation ou construction neuve) consulter l’Appel à participation !

Un événement organisé en partenariat avec